Samedi 25 Juin : Le Club des Lecteurs fête l’été

Mis en avant

P1030050Le Club des Lecteurs s’est installé pour sa dernière rencontre avant l’été devant le Centre culturel Favols. La météo étant clémente, nous avons sorti tables, chaises, café et gâteaux. La matinée a été ponctuée de discussions sur des romans aimés ou « détestés » ainsi que des lectures de passages préférés.

Sans traces apparentesP1030053Mais le fait marquant de cette séance fut la présence parmi nous d’une auteure Elisa Tixen. Elle vient de publier son premier roman « Sans traces apparentes » aux éditions de la Rémanence. Ce roman vient d’avoir le premier Prix de la ville de Figeac 2016.

Résumé : Après la mort brutale de son compagnon, Charlie se réfugie chez sa grand-mère, au cœur de la forêt landaise. Alors qu´elle espérait retrouver la paix, elle découvre dans la vie de ses ancêtres une série de morts tragiques qui font écho à sa propre histoire. Coïncidences ou malédiction ? Charlie refuse de laisser de vieux secrets de famille peser sur son avenir. Elle remonte le temps, à la recherche de la vérité, entraînant le lecteur dans une enquête « psycho-généalogique » aux nombreux rebondissements.

Elisa nous a parlé avec passion de ce roman. Il met en scène une lignée de femmes sur cinq générations. A chaque génération, un drame s’est produit. Mais, les hommes ne sont pas exclus de l’histoire, deux personnages d’hommes forts sont omniprésents dans l’intrigue. Un autre élément est important : le lieu de l’action : les Landes avec son folklore, ses coutumes, ses légendes et son art de vivre. L’auteure n’est pas originaire de notre région mais elle en est tombée amoureuse et notamment de la forêt landaise avec cette impression d’un espace infini et cette odeur des pins inoubliable et envoûtante.

L’écriture de ce roman a nécessité deux années de recherche historique et trois années d’écriture. L’idée de cette histoire lui est venue en visitant le Château de Cadillac (ancienne prison pour femmes et base de déportation des Juifs pendant la seconde guerre mondiale) et le musée de la Résistance du Vercors.

Elisa Tixen a écrit des nouvelles avant d’écrire ce roman. Le format roman lui a beaucoup plu. C’est une autre écriture. Elle participe aussi aux ateliers d’écriture proposés par la Médiathèque. Son prochain ouvrage est un recueil de nouvelles. Il va bientôt être édité. Cet été, elle va s’envoler au Québec et plus particulièrement au cœur des réserves indiennes du nord du pays. Car elle tient là le sujet de son prochain roman.

En cette douce matinée, le Club a fait la connaissance d’une romancière sincère, simple, attachante et très à l’écoute de son public. Elle sait aussi faire passer son amour de l’écriture et nous donner envie de nous plonger dans ses livres. Nous la remercions chaleureusement pour sa présence parmi nous. Et tout comme elle sillonne la France au grès de salon pour y présenter son roman, nous avons eu droit nous aussi à notre séance de dédicace. Pour aller plus loin dans la découverte d’Elisa Tixen, cliquer sans modération sur son blog https://elisatixen.wordpress.com/

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Mercredi 29 Juin : des contes à la Médiathèque

P1030071Un précédent article intitulé « Une initiation au conte à la Médiathèque de Carbon-Blanc menée par Marie-Caroline Coutin » faisait état d’une formation suivie par des bibliothécaires et des lecteurs de la commune. A l’issue de celle-ci, nous devions nous « produire » un mercredi après-midi à la bibliothèque.

Nous l’avons fait ce mercredi 29 Juin ! Marie-Caroline était bien évidemment avec nous. Des enfants du centre de loisirs ainsi que nos petits lecteurs ont été invités à venir nous écouter. Nous nous sommes tous retrouvés dans la salle du conte.

Viviane a conté « Pourquoi la carapace de la tortue est striée », Sandra « La souris et le voleur », Lyliane « La sorcière au placard à balai », Céline « Rouge gorge ou comment le feu est venu au monde », Valentine « L’ogresse et les sept chevreaux » et Caroline « L’ogre Babborco » et toutes ensemble avec Marie-Caroline et Margrit « Le pou et la pouille ».

Un grand merci à Marie-Caroline pour nous avoir fait vivre cette expérience ! Beaucoup d’émotions et de fous rires !

Quelques photos pour se souvenir ! (Merci à Eve pour les photos)

Poésie d’un lecteur de la Médiathèque de Carbon-Blanc

Alain nous a lu, lors du dernier Club des Lecteurs du Samedi 25 Juin, une des poésies dont il a le secret. La voici :

LES MOTS DU DICTIONNAIRE

(ou DICO MANIF)

 

Dans le mauvais sommeil d’ une nuit difficile

Tous les mots jusqu’ ici parfaitement dociles,

De mon gros dictionnaire je les ai vus glisser

Au risque pour certains de très haut dévisser.

 

D’ autres plus avertis ou d’ humeur plus sportive

Utilisaient un fil qu’ une araignée craintive

Avait laissé traîner et ainsi sans dégâts

Ils touchaient le plancher un bon mètre plus bas.

 

Le tapis bon seigneur s’ était mis bien en place

Pour amortir les chocs qu’ avec quelques grimaces

Certains peu aguerris en tombant subissaient

Quand ils n’ avaient pas su doucement coulisser.

 

L’ opportuniste avait avant que tout débute

Très vite utilisé l’ unique parachute

Qui traînait ses suspentes emmêlées forcément

Et se plaignait bien fort de ce désagrément.

 

Tous ainsi avançaient en marée frénétique

Maudissant l’ inventeur de l’ ordre alphabétique

Qui les avait toujours bêtement séparés

En laissant bien des couples vraiment désemparés.

 

Derrière ami et paix tenant la banderole

Où il était inscrit : « donnez-nous la parole »

Ils prenaient le chemin qu’ un chef leur imposait

Au fur et à mesure qu’ au sol ils se posaient.

 

Comme une invasion de fourmis besogneuses

Ils accouraient ainsi en compagnies hargneuses

Vers celui qui jurait : je tiens la solution

Venez donc avec moi, je suis révolution.

 

L’ amour criait très fort : mais c’ est une hérésie,

Pourquoi m’ a-t-on placé loin de la poésie ?

Il me faut trop d’ effort pour pouvoir l’ approcher

Car c’ est toujours au prix d’ un épuisant crochet.

 

Tout au fond le wagon hurlait son invective :

Je veux être à côté de ma locomotive.

Mais quelques-uns trouvaient qu’ il allait un peu fort

Vu qu’ il avait des roues pour réduire l’ effort.

 

Notamment le bonheur dans les premières pages

Qui voulait recourir au meilleur arbitrage

Trouvant hors de portée le sourire et la joie

Qui lui ont fait défaut récemment plusieurs fois.

 

L’ arbitre dans son coin rongeait son impuissance

Lui qui aurait voulu trouver sa jouissance

À donner à chacun ce qu’ il avait souhaité

Mais se heurtait au mur de la réalité.

 

Comme il était immense et à voir faisait peine

Le poids que le malheur traînait comme une chaîne.

Bien rares étaient ceux qui voulaient l’ accoster

Lui en voulant déjà seulement d’ exister.

 

L’ optimiste devant brandissait la pancarte

Jouant bien malgré elle un rôle multicarte

Car bien sûr les slogans qu’ on lui faisait porter

Toujours n’ étaient pas ceux qu’ elle aurait supportés.

 

Rasant un peu les murs louvoyait le chômage

Apeuré et tremblant comme un léger feuillage

Qui voulait s’ approcher un peu de l’ inversion

Quand beaucoup imploraient son éradication.

 

Ayez pitié de moi ce n’ est pas de ma faute,

Je sais qu’ auprès de vous je n’ ai pas trop la côte,

Je me contenterais d’ être rangé au fond ;

Tolérez-moi un peu comme certains le font.

 

L’ argent, aux avant-postes, avec grande inquiétude

Et puis un port très fier comme à son habitude,

En voulant démontrer qu’ il n’ avait aucun tort,

Exigeait qu’ on le place auprès du coffre-fort.

 

On veut être au début, c’ est la moindre des choses,

Scandaient les mots placés après les pages roses.

On a souvent souffert au nom de la nation

Pour mériter respect et considération.

 

Tout cela avançait dans un puissant vacarme.

C’ est certain cette fois vont se sécher les larmes.

On a bien contesté et rempli son devoir

Et gagné tout au bout un petit peu d’ espoir.

 

Il serait bien trop long que j’ évoque les autres

Mais tous vociféraient des vérités d’ apôtres

Qu’ on ne comprenait plus tant la clameur montait

Donc que je ne saurais pas plus vous raconter.

 

Il fallut bien rentrer, chacun reprit sa place

Avec difficulté, trouvant plus efficace

Que le désordre ici ne puisse s’ installer.

Un moindre mal souvent vaut mieux qu’ un pis-aller.

(A.D. Le 13 avril 2016)

Samedi 11 Juin : un café presse à la Médiathèque de Carbon-Blanc

P1020996Réunis autour d’un café, un petit groupe de lecteurs fidèles est venu écouter Lionel Germain, chroniqueur à Sud-Ouest et animateur d’un blog sur le polar, autour d’un sujet brûlant la Syrie.

Volontairement provocateur, et en forme de clin d’œil aux romans policiers, le titre « Tueurs en Syrie » aurait pu être le titre de « Une » d’un journal . C’est d’ailleurs ainsi que la rencontre a commencé : chacun a dû inventer un titre accrocheur  dont voici quelques exemples : « Quelle horreur la guerre ! » « Syrie : désolation, détresse et destruction ! »  « Une mer nous sépare de la Syrie ! » « Syrie : l’apocalypse ! »  « Réfugiés : quel avenir ? » « Syrie : une nouvelle guerre de religion ? »

Ensuite, Lionel Germain nous a donné quelques chiffres clés qu’il avait recoupés depuis plusieurs sources  afin de dresser un portrait réaliste de la situation actuelle.

Avant la guerre, la Syrie comptait 18 millions d’habitants. Aujourd’hui, 4.5 millions syriens sont partis pour les pays voisins, 12 millions ont besoin d’aide humanitaire, 6 millions de personnes sont « déplacées »  à l’intérieur de la Syrie en raison du conflit et 2 millions ont trouvé refuge en Turquie dans des camps où les mafias prolifèrent. Depuis 5 ans dans les prisons de  Syrie, 60000 personnes sont mortes de faim ou victimes de la torture. Pour mieux comprendre la corruption qui gangrène la société syrienne, il faut savoir que le salaire mensuel d’un soldat et d’un fonctionnaire en bas de l’échelle est inférieur à 50€,  d’où la pratique des « bakchichs »  et la corruption du régime.

Depuis 2011, 10 000 réfugiés sont arrivés en France dont 5122 ont demandé l’asile politique alors qu’en Allemagne 150 000 ont afflué pour 100 000 demandes d’asile politique. En 2015, les morts en mer Méditerranée  ont été estimés à 3771 par le Haut-commissariat aux réfugiés et déjà début 2016,  2814 morts ont été enregistrés.

Selon une estimation des nations unies, 1200 djihadistes sont partis de France, 1500 du Maroc, 3000 de Tunisie. Tous ces chiffres hallucinants ont soulevé beaucoup de questions, et permis de relativiser les inquiétudes qui émergent parfois face aux réfugiés et à leur « affluence » dans notre pays.

P1020997Ensuite, Lionel Germain s’est attaché à faire revivre l’histoire de la Syrie afin de nous aider à mieux comprendre l’origine des problèmes actuels : les différentes dynasties des califats, le démantèlement de l’Empire ottoman, les courants religieux, le partage géographique arbitraire et peu logique de 1916, les promesses non tenues au moment de l’émergence  des mouvements indépendantistes ( l’indépendance a été accordée en 1941 mais effective en 1946)  autant de facteurs qui ont contribué à la situation explosive que nous traversons actuellement.

Au fur et à mesure, nous avons pu constater que le traitement des informations variait selon les hebdomadaires et leur ligne éditoriale. « La Croix » appelait à la compassion et à la recherche de solutions. « Le Point » montrait des photos de gens heureux d’avant la guerre ainsi que le recul des libertés des femmes tandis que  « Le Nouvel Observateur » insistait  sur les zones d’ombre de l’État islamique.

Enfin, il nous a conseillé certains ouvrages de référence, faciles d’accès. Ils ne sont pas encore disponible à la Médiathèque.

Histoire de la Syrie / X. Baron.- Editions Texto.

Le nouvel Orient /J.P Filiu .- Editions Fayard.

La France en terre d’Islam / P.Vermeren.- Belin.

Pour terminer, à la lumière des toutes ces informations, les participants ont pu faire de nouvelles propositions de « Une » : beaucoup  ont souhaité conserver la première, d’autres l’ont modifié :  « Syrie : un imbroglio indétricotable ! »

Une initiation au conte à la Médiathèque de Carbon-Blanc menée par Marie-Caroline Coutin

Un jour, un enfant a dit à Marie-Caroline « Tu fais des rêves, tu les comprends et tu nous les racontes ».

Voilà une belle définition de la profession de conteuse !


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Marie-Caroline Coutin est une conteuse professionnelle. Durant trois lundis (d’avril à juin), elle est venue partager son savoir-faire dans l’art de conter. La formation n’était pas seulement destinée aux bibliothécaires. Elle a aussi accueilli des lecteurs de la médiathèque. Tout s’est déroulé avec simplicité et bonne humeur entre décryptage des récits, exercices de diction et séances de contes.

Enrichissant et passionnant, voici un retour sur ces journées passées au Pays Merveilleux des Contes.

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Le Club Des Lecteurs à l’heure espagnole

Nous avions décidé lors de notre précédente rencontre d’un thème. Le choix s’était porté sur la littérature espagnole (sans exclure des lectures venant d’autres horizons). Voici donc ci-dessous ce que nous en avons pensé…

A la fin de la soirée, nous avons tranché, et vacances estivales obligent, aucune thématique n’a été adoptée sinon celle du « on se laisse aller ! ».

Mais pour commencer, des remerciements à Lilyane pour nous avoir apporté des cannelés qui ont accompagnés savoureusement notre séance.

Les lectures de Nadia :

L'ombre du vent / romanL’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon : (résumé) Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent. « Ce roman a aussi été lu par Chantal. D’un commun accord, elles l’ont trouvé magnifique ! Chantal nous a précisé que c’était le premier tome  d’une trilogie « Le Cimetière des Livres Oubliés ». Il s’agit d’une quête teintée de fantastique où les véritables héros sont les livres. Et on arrive à se poser La Question : est-ce que ceux sont les gens qui choisissent les livres ou bien les livres qui choisissent leurs lecteurs ? » (voir la disponibilité)

ConceptionConception de Chase Novak : (résumé) Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession. Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle… Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter… « Je n’ai pas accepté la fin, trop de questions restent encore en suspens mais le récit est haletant. » (voir la disponibilité)

Le charme discret de l'intestin / tout sur un organe mal aiméLe charme discret de l’intestin : tout sur un organe mal aimé de Giulia Enders : (résumé) L’auteure, médecin, rend compte des dernières découvertes sur un organe mal connu. Elle explique son rôle dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies, etc. Elle donne des conseils pratiques pour changer de comportement alimentaire, guide dans le choix des médicaments et propose quelques règles concrètes pour faire du bien à son ventre. « Je n’ai pas pu aller au bout de ce documentaire. » (voir la disponibilité)

Les lectures d’Anne-Marie :

MarinaMarina de Carlos Ruiz Zafon : (résumé) Solitaire, Oscar aime se promener après les cours dans les rues envoûtantes de Barcelone. Un jour, il rencontre la jolie et mystérieuse Marina. Liés par un amour de plus en plus fort, les adolescents n’ont peur de rien, pas même de suivre une femme au comportement bizarre… Qui est-elle et pourquoi se rend-elle sur une tombe gravée d’un papillon noir ? Lancés sur la piste d’une énigme qui hante la ville depuis trente ans, Oscar et Marina risquent de se perdre… Une histoire captivante, d’amour et de suspense ! « Roman qui flirte avec le fantastique, on ne peut pas le lâcher. Carlos Ruiz Zafon est un auteur extraordinaire ! » (voir la disponibilité)

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoirL’idée ridicule de ne jamais plus te revoir de Rosa Montero : (résumé) Un récit qui entremêle la vie de Marie Curie aux souvenirs personnels de l’auteure. Chargée d’écrire une préface pour l’extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s’est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime. Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l’existence avec plénitude et légèreté. « Roman qui ne m’a pas plus emballé que cela. » (voir la disponibilité)

L'île des oubliésL’île des oubliés de Victoria Hislop : (résumé) Saga familiale bouleversante et plaidoyer vibrant contre l’exclusion, « L’île des oubliés  » a conquis le monde entier avec ses personnages inoubliables. Traduit dans vingt-cinq pays, vendu à plus de deux millions d’exemplaires, ce roman d’évasion plein d’émotion et de suspense nous emporte au large de la Crète, sur une île au passé troublant. Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l’histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, la colonie où l’on envoyait les lépreux… et où son arrière-grand-mère aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d’Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets… (voir la disponibilité)

AhlamAhlam de Marc Trividic : (résumé) En 2000, Paul Arezzo, jeune peintre français, s’installe dans l’archipel tunisien des Kerkennah. Il se lie d’amitié avec la famille du pêcheur Farhat et rêve d’une œuvre, synthèse de tous les arts qu’il pourrait créer avec Issam et Ahlam, le fils et la fille de Farhat. Dix ans plus tard, l’islamisme a gagné du terrain et l’affrontement entre l’art et le fanatisme religieux commence.  « L’auteur nous montre d’une manière édifiante la manière dont les jeunes peuvent se tourner vers l’islamisme. » (voir la disponibilité)

Pour vous servirPour vous servir de Véronique Mougin : (résumé) Aristocrates maniaques, héritière hystérique, intégriste passionnée, industriel névrosé, sénateur épicurien… Leurs points communs : ils sont riches, très riches, et leur gouvernante c’est Françoise. Après vingt ans d’une carrière silencieuse, la voilà qui raconte sa vie et la leur, avec une réjouissante malice. Des hôtels particuliers de Neuilly aux châteaux du Luberon, elle nous entraîne dans les coulisses de ce théâtre contemporain. « Léger mais plaisant à lire ». (voir la disponibilité)

L'intérêt de l'enfantL’intérêt de l’enfant d’Ian McEwan : (résumé) A l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement. « J’ai bien aimé. » (voir la disponibilité)

Les lectures de Chantal :

« J’ai un véritable coup de cœur pour une auteure Almudena Grandes. Elle a la particularité d’avoir écrit sur différentes périodes de la Guerre civile espagnole. »

Le coeur glacéLe cœur glacé d’Almudena Grandes : (résumé) Le jour de sa mort, Julio Carrión, prestigieux homme d’affaires qui a acquis son pouvoir durant la dictature de Franco, lègue une fortune considérable à ses enfants. Il leur laisse également un passé incertain, caché, chargé de culpabilité, qui remonte à ses années dans la division azul, durant la guerre civile espagnole. A son enterrement, en mars 2005, son fils lvaro, le seul à ne pas avoir voulu travailler dans les affaires familiales, est étonné par la présence d’une belle jeune femme que personne ne reconnaît et qui fut peut-être la dernière maîtresse de son père. En revanche, Raquel Fernandez Perea, fille et petite-fille de républicains exilés en France, n’a jamais oublié le mystérieux épisode de son enfance, quand, après la mort de Franco, elle avait accompagné son grand-père chez des inconnus qui lui semblaient étrangement liés à l’histoire de sa famille. Aujourd’hui, le hasard réunit lvaro Carrión et Raquel Fernández, irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Dans une quête passionnante et douloureuse, ils vont découvrir l’influence dramatique d’anciennes histoires familiales sur leurs propres vies. « La trame de ce roman sont les liens qui unissent les différents membres d’une famille avec pour toile de fond la guerre civile, et ce sur trois générations. Roman historiquement très fouillé et documenté. Il faut néanmoins s’accrocher au début du fait du nombre important des personnages (ne pas hésiter à consulter l’arbre généalogique en fin d’ouvrage). Mais, il faut passer outre cela, car roman passionnant avec une grand P. » (voir la disponibilité)

Le lecteur de Jules Verne / romanLe lecteur de Jules Verne d’Almudena Grandes : (résumé) Printemps 1947. Nino, 9 ans, est le fils d’un garde civil et habite la maison-caserne de Fuensanta de Martos, un village de la Sierra andalouse, dans la province de Jaén. Il se lie d’amitié avec Pepe el Portugués, un mystérieux étranger qui vient de s’installer dans un moulin isolé, et qu’il aimerait prendre pour modèle. Tandis qu’ils passent les après-midi ensemble au bord de la rivière, Nino se fait la promesse de ne jamais devenir garde civil comme son père. Il commence alors à prendre des cours de dactylographie à la ferme des Rubio, des Rouges, femmes seules, veuves ou orphelines. C’est là, et à travers la lecture de romans d’aventures, piochés notamment dans l’œuvre de Jules Verne, que Nino va peu à peu comprendre la vérité qui l’entoure. « La guerre civile (période 1947-1949) vue à travers les yeux d’un enfant, fils d’un garde civil. Roman à nouveau très documenté avec une grande qualité il n’est jamais manichéen. » (non présent à la bibliothèque)

Une dernière danseUne dernière danse de Victoria Hislop : (résumé) Quand elle arrive à Grenade pour y prendre des cours de danse, Sonia, jeune Londonienne, ne sait rien du passé de la ville. Une conversation avec le patron du café El Barril va la plonger dans la tragique destinée de la famille Ramírez : soixante-dix ans plus tôt vivaient dans ces lieux trois frères aux idéaux opposés, veillant jalousement sur leur sœur, Mercedes, passionnée de flamenco. Tandis que celle-ci tombe amoureuse du guitariste gitan qui l’accompagne, l’Espagne sombre dans la guerre civile. Quel camp chacun va-t-il choisir ? Quels secrets et trahisons vont déchirer la fratrie à jamais ? Happée par ce récit de feu et de sang, Sonia est loin d’imaginer que sa propre existence en sera bouleversée… (non présent à la bibliothèque)

Le bal des maudits d’Irwin Shaw : (résumé) Ce n’est pas un roman de guerre, même si les balles sifflent et tuent, même si les villes flambent – et si l’action, selon la grande tradition américaine, mène le bal. C’est un roman qui met en jeu le destin croisé de personnages en guerre avec eux-mêmes, ce qui est assez différent. Christian Diestl, l’Allemand idéaliste et ambitieux, séduit par les idées nazies, au long de son chemin brutal assiste à l’effondrement de ses certitudes. Noah Ackerman, le petit juif californien mal dans sa peau, part libérer l’Europe en rêvant de se libérer lui-même, et vit sa vie de soldat comme un enfer (un antimilitarisme radical baigne tout le livre). Michael Whitacre, le New-Yorkais dragueur et cynique, se retrouve contre toute attente dans la peau d’un infirmier des âmes… Ces trois existences vont cheminer loin les unes des autres d’abord, puis se croiser, puis se retrouver dans une scène finale que le lecteur n’est pas près d’oublier. « Je suis tombée par hasard sur ce roman de l’après guerre (1949) dont un film a été tiré avec notamment Marlon Brando et Montgomery Clift. Les personnages ont de l’épaisseur. J’ai beaucoup apprécié. » (non présent à la bibliothèque)

Les lectures de Frédéric :

Feux d'étéFeux d’été de Nuria Amat : (résumé) Juillet 1936, Barcelone. Dans l’exaltation du combat contre les militaires putschistes, la jeune anarchiste Valentina fait la connaissance du militant des Jeunesses communistes Ramon Mercader (qui se rendra célèbre quatre ans plus tard en assassinant Trotski). Mais c’est du cousin de Mercader, Artur, un jeune bourgeois romantique, que Valentina tombe éperdument amoureuse. Elle est prête à remuer ciel et terre pour le faire sortir des geôles clandestines staliniennes où, accusé de collaboration, il est torturé. Dans une Barcelone acculée, bombardée quotidiennement, encerclée par les forces de Franco, et tandis que s’annonce la défaite des républicains, Valentina sait qu’elle devra prendre tous les risques pour sauver son amant. Inspirée par les chefs-d’œuvre de Tolstoï, Nuria Amat nous plonge au plus sombre de la guerre d’Espagne. Sous le feu des balles, deux jeunes gens que tout oppose réinventent l’amour et défient l’Histoire… « C’est un bon livre mais ce n’est pas ce que j’en attendais. Je pensais que l’aspect historique était plus développé. » (voir la disponibilité)

Clara et la pénombreClara et la pénombre de José Carlos Somoza : (résumé) 2006. L’Art est devenu folie et porte le nom d’Hyperdramatisme. Le marché le plus vendeur est à présent celui des toiles humaines et le monde est en admiration devant les peintures vivantes du célèbre Bruno Van Tysch. Mais lorsque l’un de ses tableaux les plus connus est détruit par un fou sanguinaire, est-ce une adolescente qui a été assassinée ou une œuvre anéantie ? Clara Reyes, toile professionnelle, rêve, quant à elle, de devenir un chef-d’œuvre. Elle devrait se souvenir du prix d’une vie face au marché de l’art… « Roman déroutant et surprenant. On est baladé dans tous les sens. On se demande où l’auteur est allé chercher toutes ces idées macabres. On est à la limite du roman d’horreur. Âmes sensibles s’abstenir ! » (voir la disponibilité)

Love & popLove & pop de Ryû Murakami : (résumé)  « Love & Pop » aborde une forme de prostitution propre au Japon, dont Murakami avait déjà fait le sujet troublant de son film Tokyo Decadence. Par l’intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s’acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d’une jeune fille qui, désirant absolument s’offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l’avait prévu. « Déroutant » (voir la disponibilité)

Le sabre des Takeda / romanLe sabre des Takeda de Yashushi Inoué : (résumé) Dans le Japon du XVIe siècle, les seigneurs se disputent leurs territoires. De cette période de chaos se détache une figure prodigieuse, Yamamoto Kansuke, décrit comme nain, borgne, boiteux, de teint noir et marqué de petite vérole, devenu un chef mémorable, le stratège génial et secret du seigneur du clan des Takeda. « C’est un ouvrage que je vous conseille fortement si vous voulez lire un roman historique japonais. » (non présent à la bibliothèque)

 Les lectures de Lilyane :

La tristesse du samouraï de Victor del Arbol : (résumé) Trois générations sont marquées par une femme infidèle. Les enfants sont devenus des psychopathes, les victimes des bourreaux et le code des samouraïs ne vaut plus rien. Pour sauver l’honneur de la lignée, quelqu’un doit laver le péché originel. (voir la disponibilité)

Pas de lettre pour le colonel de Gabriel Garcia Marquez : (résumé) Un vieux colonel attend chaque fin de semaine l’arrivée du courrier et la pension qui lui est due. La guerre est finie, mais les braves crèvent de faim. (voir la disponibilité)

Julia et Clara de Josefina R. Aldecoa : (résumé) A cent ans d’écart, deux femmes habitent la même maison dans une lointaine campagne du nord de l’Espagne. Julia, la rebelle, et Clara, la résignée, évoquent à tour de rôle leur destin de femme : leurs amours, leurs chagrins. La vieille demeure enferme dans ses murs des secrets de famille, qui survivent au défilé des générations. (voir la disponibilité)

 Les lectures de Valentine :

Chronique d’une mort annoncée de Gabriel Garcia Marquez : (résumé) Les frères Vicario ont fait part à tout le village de leurs intentions meurtrières. Tous les habitants s’interrogent sauf un, Santiago Nasar, qui est retrouvé assassiné devant chez lui. « On sait ce qui va se passer (la mort d’un homme) néanmoins l’auteur réussit la prouesse de nous tenir en haleine. » (voir la disponibilité)

Le Tueur hypocondriaqueLe tueur hypocondriaque de Juan Jacinto Muñoz Rengel : (résumé) Monsieur Y., tueur à gages de son métier, se réveille chaque matin : 1) persuadé qu’il s’agit du dernier jour de sa vie, 2) d’autant plus déterminé à tuer Eduardo Blaisten, qu’il poursuit depuis un an et deux mois exactement. Mais, en plus d’être atteint de maladies toutes plus rares et/ou imaginaires les unes que les autres, du strabisme à la crampe du tueur professionnel en passant par la narcolepsie et le syndrome d’Ondine, M. Y. souffre d’une malchance chronique. Au fil des échecs forcément cuisants de ses tentatives d’homicide, M. Y. établit des liens évidents entre ses symptômes et les maux qui torturèrent Proust, Voltaire, Tolstoï, Molière, entre autres illustres hypocondriaques de l’histoire. Et lui, arrivera-t-il à accomplir sa dernière grande œuvre ? « Très divertissant, à mourir de rire ! » (voir la disponibilité)

Aime-moi, por favor ! / histoires d'amourAime-moi, por favor ! de Lucia Etxebarria : (résumé) Une mère indécise à reconnaître son mari comme abuseur de sa fille; une jeune femme utilisée pour cachée une homosexualité; une autre abandonnée enceinte par son amant dans une situation précaire… Quinze histoires d’amour, témoignages vrais de la condition des femmes au 21° siècle. « J’aime bien sa façon d’écrire. Des nouvelles m’ont plu, d’autres m’ont choqué. Je suis néanmoins frustrée par ce genre. J’ai l’impression d’être à peine rentrée dans l’histoire que j’en suis déjà sortie. Je suis plus attirée vers des romans où l’on prend plaisir à retrouver des personnages. » (voir la disponibilité)

Comme les amours de Javier Marias : (résumé) Chaque matin, dans le café où elle prend son petit déjeuner, l’éditrice madrilène Maria Dolz observe un couple qui, par sa complicité et sa gaieté, irradie d’un tel bonheur qu’elle attend avec impatience, jour après jour, le moment d’assister en secret à ce spectacle rare et réconfortant. Or, l’été passe et, à la rentrée suivante, le couple n’est plus là. Maria apprend alors qu’un malheur est arrivé. Le mari, Miguel Desvern, riche héritier d’une compagnie de production cinématographique, a été sauvagement assassiné dans la rue par un déséquilibré. Très émue, elle décide de sortir de son anonymat et d’entrer en contact avec sa femme, Luisa, qui est devenue un être fragile, comme anesthésié par la tragédie. Dans l’entourage de Luisa, María rencontre Javier Diaz-Varela, le meilleur ami de Miguel, et elle comprend vite que les liens que cet homme tisse avec la jeune veuve ne sont pas sans ambiguïté. Bien au contraire : cette relation jette une ombre troublante sur le passé du couple, sur la disparition de Miguel, sur l’avenir de Luisa et même sur celui de Maria. « Je n’ai pas pu aller loin dans ma lecture (seulement quelques pages) parce que je n’ai pas du tout accroché au style de l’auteur. J’ai l’impression qu’il se répète. Je le reprendrai plus tard pour voir si j’ai la même sensation. » (voir la disponibilité)

Les lectures de Sandra :

Le dernier trainLe dernier train de Maria Mercé Roca : (résumé) Une crise de couple des plus banales, ils sont mariés depuis longtemps, l’émotion est engourdie, la routine domine. Elle est avocate, pleine de dynamisme, et elle nous parle de son mari. Il manque d’énergie, d’idées, se fait prendre en charge. Il prend à son tour la parole, il refuse l’organisation de sa femme, son autorité. Il a d’autres aspirations, il voulait une maison à la montagne, elle ne sait pas écouter. La vie vient de lui offrir une chance, peut-être la dernière… « Un roman sur la séparation : constat d’un couple qui s’est peu à peu éloigné l’un de l’autre. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est la construction en trois parties du récit : le témoignage de la femme, celui du mari et l’annonce par l’homme de la rupture (inévitable). Cette construction fait que l’on constate bien les incompréhensions et les rancœurs développées au fil du temps. » (voir la disponibilité)

Ca aussi ça passeraÇa aussi, ça passera de Milena Busquets : (résumé) Blanca, 40 ans, enterre sa mère. Cette cérémonie marque le début d’une conversation imaginaire entre elle et la défunte. En vacances à Cadaqués dans la maison familiale, elle cherche l’apaisement auprès de ses ex-maris, de ses fils, de ses amies Sofia et Elisa et de son amant, Santi. « Roman sur le deuil. La mère est partie mais son souvenir est omniprésent. Le manque est là et Blanca le comble comme elle peut. Il n’y a pas de crise de larmes mais les émotions sont à fleur de peau et de nombreuses questions sont posées.  Portrait sensible d’une femme à un tournant de sa vie. » (voir la disponibilité)

TerramoursTerramours de Victor Alamo de la Rosa : (résumé) L’ île de fer  souffre, sous le joug du franquisme et de l’église catholique toute-puissante. Son grotesque émissaire, le curé et maître d’école Don Nicasio, fait régner sa loi. Mais des passions dévastatrices naissent en secret : l’amour merveilleux et impossible de Rosa et du républicain Manuel Le Fuyard (traqué par la Garde civile) ; l’attirance malsaine, mais invincible, de la riche Baldomera pour Inocencio, puis pour ses fils Policarpo et Cesarín, deux orphelins qui n’ ont pas connu l’amour d’une mère. La noirceur de leur âme n’a d’égal que celle de leurs méfaits, qui d’espiègles jeux d’enfant se transforment vite en horreurs. « Je suis un peu déçue par ce roman. L’histoire est passionnante et les personnages bien construits mais j’ai l’impression que l’auteur y a mis tous ses fantasmes. Cela n’apporte rien à l’histoire ( et que dire de la scène morbide de l’agonie de la mère). » (voir la disponibilité)

Cortège des ombresCortège des ombres de Julian Rios : (résumé) Ecrit à la fin des années 1960, ce roman met en scène des personnages esseulés, dans une bourgade espagnole de bord de mer, Tamoga. Des histoires d’amour, d’argent, de trahison et de vengeance alimentent le trouble de l’atmosphère. « J’ai adoré ces petites histoires dont le thème commun  est qu’elles se passent toutes dans le même village. L’auteur maitrise parfaitement l’art du portrait. Et, il a un sens de la chute assez incroyable. J’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à cette lecture. » (voir la disponibilité)

Une rencontre intergénérationnelle autour de la poésie

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2016

P1020735A l’occasion du Printemps des poètes, Alain Daney, ancien instituteur et carbonblanais d’adoption, est venu lire ses poésies aux séniors de la commune et aux enfants du centre de loisirs. Elles avaient pour thème ses souvenirs d’enfance à Villandraut et étaient illustrées par des photographies en vidéo-projection.

Le premier thème abordé a été l’école.

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AUTOUR DE L’ ENCRIER

Chaque jour de rentrée, outre l’ effervescence
Qui bien sûr animait la classe à chaque fois,
Entre autres rituels, après deux mois d’ absence,
On fabriquait de l’ encre avec certain émoi.

Dans la bouteille ad hoc on versait de la poudre
À la dose voulue, on ajoutait de l’ eau
Et l’ on secouait fort pour tout faire dissoudre,
En redoutant déjà de passer au tableau.

Le bec verseur prévu pouvait prendre sa place.
Le liquide violet à l’ éternelle odeur
Que je conserve en moi puisque rien ne l’ efface,
Était prêt à donner le pire et le meilleur.

Chacun des encriers qu’ il faut que je décrive
Recevait sa ration, jamais en débordant,
Car nous étions plutôt de nature craintive
Sachant la punition nous attendre au tournant.

L’ objet dont j’ ai choisi de rappeler l’ histoire,
Adoré ou maudit par des générations,
Était en porcelaine d’ une blancheur d’ ivoire
Avec de larges bords qui avaient leur fonction.

Trouvant son logement creusé dans le pupitre
Justement calibré pour sa stabilité,
Il pouvait recevoir ses quelques millilitres
De l’ encre préparée avec fébrilité.

En fait, ce qui rendait périlleux l’ exercice,
C’ était surtout la plume que l’ on utilisait
Dite « sergent-major » comme si le supplice
S’ inscrivait dans un art très militarisé.

On s’ en serait douté, c’ était le porte-plume
Qu’ il fallait manier avec dextérité,
Avec son manche en bois de nos jours on l’ exhume
Au musée pour l’ offrir à la postérité.

Il faut bien l’ avouer : c’ était une torture
Que d’ apprendre à écrire avec cet instrument ;
Les pleins, les déliés, ça avait fière allure,
Quand on s’ y exerçait assez assidûment.

Il n’ était pas question de trop charger la plume
Au risque d’ un pâté qui immanquablement
Se transformait en tâche qu’ il fallait qu’ on assume
Bien qu’ on l’ ait au buvard pompée rapidement.

On la raclait cent fois au bord de l’ orifice,
On l’ essuyait aussi avec un vieux chiffon
Pour tenter d’ éviter la main accusatrice
Saisissant le cahier accusé de torchon.

S’ alignaient patiemment des chiffres et des lettres
Que certains produisaient comme des œuvres d’ art.
C’ était là les modèles que forcément le maître
Nous invitait à suivre comme on suit l’ étendard.

Il nous fallait aussi recopier des poèmes
Ce qui nous imposait une extrême rigueur,
Aucune tolérance, c’ était un vrai problème,
Ne venait pardonner la moindre des erreurs.

Et nous savions de plus qu’ au bout de nos souffrances
Ces textes il faudrait les apprendre par cœur,
Comme les résumés de l’ histoire de France
Avec le ton en plus en oubliant sa peur.

Le cahier de brouillons, en papier ordinaire,
Fortement en vigueur, il me faut l’ évoquer,
Reposait des très vives douleurs articulaires
Que notre application à force provoquait.

Il permettait surtout, c’ était son avantage,
Sans que l’ application ici soit ordonnée,
D’ éliminer tout risque de subir ce chantage :
Ou bien travail parfait, ou punition donnée.

Sur ce point je revois quelques forts spécialistes
Qui au cahier du jour ou de brouillon pareil
Tout aussi peu de soin, sans doute fatalistes,
Portaient allègrement sans perdre le sommeil.

On écrivait parfois quelques mots enflammés
Dont on maîtrisait peu les nuances subtiles
Qu’ on pliait rougissants en priant que jamais
Ils ne puissent tomber entre des mains hostiles.

Alors on s’ assurait que la destinataire
Avait identifié l’ auteur du doux billet
Qu’ on n’ avait pas signé car, si l’ on voulait plaire,
On évitait aussi de se faire griller.

Et puis il faut savoir que toutes ces missives,
En pleins et déliés certes, emplies d’ humour
Ou d’ allusions bravant les foudres répressives
N’ avaient pas le label « déclaration d’ amour ».

L’ encrier d’ autrefois, je crois qu’ on peut le dire,
Nous fit enregistrer bien de nos souvenirs
Un peu souffrir aussi, mais faut-il le maudire,
Moi je regrette un peu qu’ il n’ ait plus d’ avenir.

À son évocation aujourd’hui je m’ étonne
Qu’ il fasse remonter tant de si bon moments
Ce désuet objet qu’ encore j’ affectionne
Pour si longtemps après me donner du tourment.

(A.D. 13 mai 2015)

De petits rires ont fusé de la part de nos aînés à l’association porte-plume et torture. Des murmures ont aussi ponctué la lecture « Ah ! Oui c’est vrai, je me souviens… »

Les enfants, eux, dans un premier temps, se sont montrés très curieux sur le fait d’écrire de la poésie et comment on devait s’y prendre. Puis, ils ont posé des questions sur l’école d’autrefois. Lina avait bien observé, que sur le fronton de son école Emile Barbou, étaient encore inscrits école des filles et école des garçons.

Monsieur Casteix nous a appris l’origine du nom des plumes Sergent-Major : « Dès la fin de la guerre de 1870, il régnait en France un sentiment de revanche et le désir de reconquérir l’Alsace et la Lorraine. C’est pourquoi beaucoup d’objets ont été associés à des termes de guerre. Les instituteurs ont alors reçu des instructions pour l’utilisation de ce matériel d’écriture. Sur les boîtes contenant ces plumes, une illustration mettait aussi en scène une bataille. »

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LE CHAUFFAGE DE LA CLASSE

Je vous parle d’ un temps où pour chauffer les classes
Pendant les longs hivers il n’ était que le bois,
Moyen bien peu moderne mais plutôt efficace :
Je n’ ai pas souvenir d’ avoir souffert du froid.

À tour de rôle alors nous étions de service
Et devions fièrement je dois le souligner
Arriver les premiers pour accomplir l’ office
Qu’ un précis roulement nous avait assigné.

Tout au long de l’ année les tâches régulières
Comprenaient l’ emplissage correct des encriers,
L’ effaçage appliqué, sans la moindre poussière,
Du vénéré tableau que l’ on faisait briller.

S’ ajoutaient à cela des fonctions plus modestes
Qu’ il n’ aurait pas fallu pour autant négliger
Tant l’ honneur de chacun, sans crainte je l’ atteste,
Étant ici en jeu au sérieux l’ obligeait.

Dès les premiers jours froids s’ ajoutait à la liste
L’ allumage du poêle auquel nous réservions
Un soin particulier car, faut-il que j’ insiste,
Rater donnait la honte qu’ alors nous éprouvions.

Mais du cuisant échec le risque était infime
Dans la mesure où, pour cette opération,
De précieux éléments de nos forêts sublimes
Venaient faciliter du bois l’ inflammation.

Qui se souvient encore des « pignes » et « gemelles »
Qu’ on trouvait couramment à l’ époque partout ;
Sous les pins de chez nous elles étaient bien belles
Et pour lancer le feu c’ était bien mieux que tout.

À des cahiers anciens on prenait quelques pages
Qu’ on froissait sans respect des efforts du passé ;
On mettait des « gemelles », trois pignes ou davantage,
Et craquait l’ allumette : l’ affaire était classée.

Très vite on ajoutait quelques menues bûchettes
Qu’ en prévision la veille nous avions approchées
Veillant au long du jour pour que comme une dette
Jamais la mort du feu ne nous soit reprochée.

Personne ne bronchait pour contester l’ usage
Quand, aux récréations, il fallait quelquefois
Pour assurer toujours le meilleur des chauffages
Transporter des brassées et des brassées de bois.

Se dressant fièrement dans un coin de la salle
Le poêle était en fonte qu’ on disait émaillée.
On chargeait par le haut sa gueule colossale
En y introduisant des bûches bien taillées.

Ils montaient au plafond en décrivant des cercles
Les morceaux de papier qu’ en nous dissimulant
Nous laissions retomber au-dessus du couvercle
Lorsque le poêle était devenu fort brûlant.

Nous procédions ainsi, sans en avoir conscience,
Ce qui était précieux pour nous en attendant,
À une toute simple et probante expérience
En matérialisant les courants ascendants.

On devait enlever de temps en temps les cendres
Qu’ on vidait dans un coin tout provisoirement
En attendant d’ avoir un jour à les répandre
Partout dans le jardin très régulièrement.

Ce n’ étaient pas pour nous des corvées contraignantes.
Avec quelque fierté nous les accomplissions
Car nous avions alors la pensée émouvante
Qu’ avant nous nos aînés eurent cette mission.

Vers la fin de l’ année, peu avant les vacances,
Aux premiers jours d’ été tous à pied nous allions
Pour un après-midi de gaie réjouissance
Assez loin en forêt du côté du Ballion.

  Nous remplissions des sacs dans une belle ambiance
De ces précieux copeaux qui nous collaient aux mains
Et les pommes de pin, vous me faites confiance,
De même s’ amassaient sur le bord du chemin.

C’ étaient de bons moments je dois le reconnaître
Que nous passions ainsi, cela doit être acté.
Bien sûr ils étaient rares mais ces jours-là les maîtres
Tout aussi rarement étaient décontractés.

Comme à l’ aller à vide revenait la cohorte
En parlant et chantant sur un ton enlevé.
Il n’ était pas question qu’ au retour on emporte
Avec nous tous ces sacs trop lourds à soulever.

Cette sortie pour nous n’ était pas un calvaire
Et nous aurions souffert de devoir la rater.
Cet encombrant transport était alors l’ affaire
D’ employés communaux pour cela mandatés.

Quand on taillait à nu les platanes des places
Nous savions que bientôt nous aurions à ranger
Tous les rondins sciés avec quelques grimaces
Mais pour un autre sort nous n’ aurions pas changé.

Je me prends à penser ce qu’ aujourd’hui sans doute
De pareilles pratiques c’ est sûr provoqueraient.
Devant les tribunaux bravement je redoute
Que bien des responsables vite on convoquerait.

Pour moi il serait vain de nier les mérites
Qu’ avait cette façon de saine éducation.
L’ école de la vie et sans qu’ on s’ en irrite
Savait nous initier par notre implication.

(A.D. 18 mai 2015)

Chantal a précisé aux enfants qu’elle n’avait pas connu le chauffage au poêle bien qu’étant sensiblement de la même génération qu’Alain. Elle vivait en ville tandis qu’Alain vivait à la campagne. Cette responsabilité, d’allumer le chauffage, a suscité bien des curiosités auprès du jeune public. Et ils se sont même demandés si l’électricité existait à cette époque.

Le deuxième thème était la vie quotidienne par le biais du bidon de lait.

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LE BIDON DU LAIT

Je ne parierais pas mais il me surprendrait
Qu’ on ait pu l’ acheter, ce bidon, à l’ époque.
À plus y réfléchir, plutôt je prétendrais
Qu’ il venait d’ un échange qu’ il faut qu’ un peu j’ évoque.

J’ ai déjà dit ailleurs comment on pratiquait
Lorsque le chiffonnier en respectant l’ usage
Remettait en échange au barème appliqué
Quelque bel ustensile très pratique au ménage.

Il en était de tous, celui-ci était beau
Et je peux supposer dès lors sans trop d’ audace
Que beaucoup de lapins ont dû laisser leurs peaux
Pour compenser le prix voulu par ce rapace.

Il devait faire effet dans son tout neuf aspect
Tout en aluminium bien brillant d’ origine
Et on nous demandait qu’ avec quelque respect
On veuille le traiter, du moins je l’ imagine.

Bien vernie au début, son anse en bois tournait,
Et sa forme adaptée, on dit ergonomique,
Un mot venu plus tard, on va pas chicaner,
Pour bien la prendre en main était plutôt pratique.

Le soir après la classe il nous appartenait
De partir à vélo sans faire de bisbilles
Munis du récipient auquel donc on tenait
Chercher ainsi le lait pour toute la famille.

A l’ aller c’ était bien car dans ledit bidon
C’ était évidemment le plus parfait des vides.
Il pendait par son anse engagée au guidon
Alors on pédalait pour jouer les bolides.

La ferme était bien loin et il était tentant
De s’ arrêter souvent plus que le nécessaire
Pour s’ amuser un peu, parfois en chahutant,
Nous étions des gamins, en voilà une affaire.

Nous arrivions enfin avec quelque retard,
C’ était évidemment toujours bien après l’ heure,
Et nous nous en sortions par de bas racontars
Faute de disposer d’ explication meilleure.
                                                                                    
Parfois c’ était la peur qui nous ralentissait,
L’ impressionnant taureau régnant sur l’ élevage
Qu’ on pensait agressif et qui nous angoissait
Attendant menaçant près de notre passage.

Et de péripéties en longs amusements
Nous rentrions enfin, des fois la mort dans l’ âme,
Une partie du lait renversée bêtement
Quand ce n’était pas tout pour ajouter au drame.

La punition alors sans chercher s’ imposait :
Le petit déjeuner serait des plus sommaires,
Tout juste une tartine sans rien pour l’ arroser,
On allait réfléchir si c’ était à refaire.

  Bien plus dure parfois nous était la sanction.
Lorsque le lait tournait c’ était aussi tragique.
On le faisait bouillir pourtant sans distraction
Car le débordement déclenchait la panique.

Revenons au bidon pour parler de son sort
Qu’ on peut imaginer quand on sait le régime
-Il y a prescription, je reconnais mes torts-  
Qu’ on lui a fait subir jusqu’ à son heure ultime.

Bousculé, maltraité,  soumis à maints contacts,
Tantôt en bouclier, parfois en projectile,
  Il devint cabossé, martelé, plein d’ impacts,
Mais, même en cet état, il restait fort utile.

Il contenait toujours deux litres vaillamment,
Son couvercle tenant par sa petite chaîne,
L’ indestructible objet revenu plaisamment
Réveiller aujourd’hui ma mémoire incertaine.

(27 mai 2015)

La rencontre s’est s’arrêtée sur cette troisième poésie par une dernière anecdote de monsieur Casteix : autrefois, le centre Favols était une ferme. Les enfants venaient y chercher du lait avec leur bidon tout comme notre poète le faisait dans son village.

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