« Les bons polars de l’année 2017 » par Lionel Germain, journaliste à « Sud-Ouest »

Le vendredi 08 décembre, Lionel Germain est venu présenter à la Médiathèque ses meilleures lectures de l’année écoulée en matière de roman policier, un genre littéraire dont il est un spécialiste. Il a divisé son intervention en trois parties : « Le noir venu d’ailleurs« , « Le polar français » et « Il n’y a pas que le polar« .

Voici quelques notes prises au cours de la soirée :

« Le noir venu d’ailleurs » :

  • Comme des rats morts de Benedek Totth, éd. Actes Sud : effrayant journal de bord de jeunes lycéens hongrois issus des classes moyennes. L’action se passe à Budapest. Leur quotidien, ce sont les jeux vidéos, le sexe violent et la consommation de drogues. Il n’y a pas d’enquête policière dans ce roman. Il s’agit d’un portrait noir et douloureux de notre monde occidental, un monde qui perd ses valeurs. On pourrait presque le prendre pour un documentaire sur cette jeunesse citadine où la violence des forts s’applique sur les faibles. A conseiller fortement aux lycéens.
  • L’amour et autres blessures de Jordan Harper, éd. Actes Sud : recueil de nouvelles sur des personnages qui ont fait des mauvais choix et qui connaissent des trajectoires de vie profondément désespérées. Cependant, on éprouve beaucoup d’empathie pour eux. La nouvelle n’est pas un genre très prisée en France. Ce qui n’est pas le cas de Lionel Germain qui l’apprécie beaucoup car dit-il « Ce que j’aime dans la nouvelle c’est que je fais un petit voyage d’une heure, ce voyage est court mais intense. »
  • Réveiller les lions de Ayelet Gundar-Goshen, éd. Presses de la Cité : le héros est un médecin pour qui la notion d’éthique est très importante, c’est une bonne personne. Mais un soir, il tue accidentellement un clandestin. Il ne va pas se dénoncer et préfère ne rien dire y compris à sa femme chargée de l’enquête. Mais, une personne a tout vu et va exercer un chantage sur lui. Sa vie bascule. Une lecture à conseiller fortement. (disponible à la bibliothèque)
  • Pssica de Edyr Augusto, éd. Asphalte : on est très loin des clichés sur le Brésil et son Carnaval. C’est, ici, une descente aux enfers d’une jeune ado dont une vidéo d’elle et de son copain circule sur le net. Violent. Écriture puissante.
  • Candyland de Jax Miller, éd. Ombres noires : un des plus beaux romans noirs de l’année. Une ancienne membre de la communauté des Amish perd son fils assassiné par sa petite amie. Elle va rencontrer le père de la meurtrière et des liens très forts vont se tisser entre eux. (disponible à la bibliothèque)

« Le polar français » :

  • Glaise de Franck Bouysse éd. La Manufacture de livres : un roman ancré dans le Cantal. On est en 1914, les femmes prennent la main sur l’économie car elles remplacent les hommes partis au front. De nouvelles perspectives s’ouvrent pour elles et pas seulement dans le domaine du travail, pour leurs libertés individuelles aussi. De même, on ressent très fortement dans cette histoire l’incompréhension de cette guerre par le monde paysan. (disponible à la bibliothèque)
  • Pourvu que ça brûle de Caryl Ferey, éd. Albin Michel : c’est plus un récit qu’un roman. Il rassemble des souvenirs et des anecdotes de l’auteur. On revisite  tous les pays dans lesquels il est passé et on découvre ainsi toute la genèse de ses ouvrages. Il a notamment écrit « Mapuche » qui a pour cadre l’Argentine et « Zulu » dont l’action se déroule en Afrique du Sud. Lionel Germain considère ce livre comme étant le meilleur de l’auteur, un auteur qu’il apprécie beaucoup. Il dit de lui que c’est un « mec bien, un mec authentique ». (d’autres titres de cet auteur sont disponibles à la bibliothèque)
  • Un homme doit mourir de Pascal Dessaint, éd. Rivages : tous ses romans ont pour trame l’écologie. Ici, il s’agit d’un projet d’enfouissement de déchets industriels. L’action se déroule dans les Landes. (d’autres titres de cet auteur sont disponibles à la bibliothèque)
  • Mato grosso de Ian Manook, éd. Albin Michel : au Brésil, un romancier va tomber dans un véritable traquenard. C’est aussi un ouvrage qui pose des questions sur l’acte d’écrire, pourquoi on écrit. L’autre sujet omniprésent est la disparition des indiens. (d’autres titres de cet auteur sont disponibles à la bibliothèque)
  • Ils ont voulu nous civiliser de Marin Ledun, éd. Flammarion : une histoire de vengeance qui se décline en une traque impitoyable sur fond de tempête. (d’autres titres de cet auteur sont disponibles à la bibliothèque)

Il n’y a pas que le polar :

  • Inflammation de Eric Maneval, éd. 10/18 : tout commence par une disparition presque banale. L’auteur instaure un vrai suspens qui nous amène également à penser que l’histoire que l’on est en train de lire est une histoire de fous. Le romancier a une vraie signature dans son écriture, à la fois ambiguë et élégante.
  • Retour à la nuit de Eric Maneval, éd. 10/18 : toujours beaucoup d’ambiguïté chez cet auteur et de souffrance. On est toujours sur un fil. Cassera-t-il ?
  • Souvenirs dormants de Patrick Modiano, éd. Gallimard : ce n’est pas le meilleur Modiano mais il y a toujours cette même petite musique de la mémoire. (d’autres titres de cet auteur sont disponibles à la bibliothèque)
  • Vernon subutex de Virginie Despentes, éd. Livre de poche : Lionel Germain avait un apriori défavorable par rapport à cette auteure, apriori qu’il n’a plus avec ce roman : histoire d’une clochardisation mais racontée comme un déni. La romancière a une capacité certaine à entrer dans la tête de ses personnages et à pénétrer différents milieux sociaux. (disponible à la bibliothèque ainsi que les tomes 2 et 3)
  • Des hommes qui lisent de Edouard Philippe, éd. Lattès : l’auteur de ce roman n’est autre que notre premier ministre. Il fait preuve d’un vrai humanisme : histoire de mecs, d’amitié ( avec ses potes de boxe) et de livres qui s’échangent.

La présentation de notre journaliste était entrecoupée par des coups de cœur des lecteurs et des bibliothécaires.

  • La vie secrète des arbres de Peter Wollehben, éd. Arènes : ouvrage de vulgarisation, accessible à tous. L’auteur exerce le métier de forestier. Il arrive à nous raconter une histoire dans ce documentaire sur les arbres. Après cette lecture, on voit les forêts sous un autre œil. (disponible à la bibliothèque)
  • Vivre sur cette terre : photographies d’Afrique orientale de Nick Brandt, éd. Gallimard : Nick Brandt est un photographe de la faune sauvage. Il est venu à la photo sur le tard car il se destinait plutôt au cinéma. C’est en tournant un clip de Michaël Jackson en Afrique que sa passion s’est déclarée. (disponible à la bibliothèque)
  • Point cardinal de Léonor de Récondo, éd. Wespieser : c’est l’histoire bouleversante d’un homme qui n’arrive plus à se mentir, qui lutte chaque jour, qui joue sa vie. Puis le soulagement, la libération de tout dévoilé à sa famille sans se soucier des ravages que cette révélation va causer. Du côté de la famille, c’est l’incompréhension, le désarroi, ils se sentent abandonnés, trahis, alors que lui jubile, plane, flotte. Le monde s’ouvre à lui. Il donne un coup de pied à la vie, il a enfin le courage d’être lui-même. C’est une sujet délicat, difficile à aborder, mais l’auteur a su mener son sujet. (disponible à la bibliothèque)
  • La tresse de Laëtitia Colombani, éd. Grasset : un beau roman qui met à l’honneur les femmes et leur courage. (disponible à la bibliothèque)
  • L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, éd. Pocket : magnifique ! Un bel hommage à la littérature. Notre lectrice l’a lu trois fois. (disponible à la bibliothèque)
  • Contes d’une grand-mère chinoise, éd. Picquier : 6 contes traditionnels chinois qui nous donnent une vraie leçon de vie.
  • Six-quatre de Hidéo Yokohama, éd. Liana Levi : une intrigue policière captivante et une plongée dans la société japonaise saisissante.

Et des suggestions de DVD (disponibles à la bibliothèque) : « Frantz » de François Ozon, « Elle » de Paul Verhoeven, « Médecin de campagne » de Thomas Lilti , « Le voyage de Fanny » de Lola Doillon et « Love and friendship » de Whit Stillman.

Publicités

Samedi 18 février 2017 : Culture Café : rencontre avec un auteur de Carbon-Blanc

Notre nouveau rendez-vous, le Culture Café, a permis à nos lecteurs de découvrir un auteur carbonblannais. A vous de faire aussi sa connaissance : Lire la suite

La librairie Georges (Talence) est venue nous présenter ses romans coup de cœur

Une nouvelle animation est née en cette fin d’année à la Médiathèque : le Culture Café. Les rencontres se feront régulièrement le samedi matin. Nos lecteurs sont invités à venir pour y parler de leurs lectures préférées du moment (en littérature, romans policiers, romans de science-fiction) mais pas seulement. Ce peut être un film, une bande dessinée, un spectacle… Alors n’hésiter pas à nous faire partager vos coups de cœur et vos coups de griffe ! Pour fêter cette première, Jean-Pierre Ohl (libraire et auteur) nous a présenté sa sélection du moment. Lire la suite